Décryptage

Keoscopie Municipales : les attentes des français en matière de mobilité

À l’approche des élections municipales de 2026, Keolis et l’IFOP ont interrogé 4 000 Français afin de comprendre leurs attentes en matière de déplacements quotidiens. L’enquête Keoscopie Municipales confirme que la mobilité constitue un critère déterminant du vote local et représente un levier d’égalité entre les territoires. Elle révèle des arbitrages budgétaires clairs, une demande forte pour les transports publics et une attention croissante aux tensions de mobilité.

Les transports en commun : une priorité pour les prochaines municipalités

Les transports en commun apparaissent comme le principal levier d’action pour les équipes municipales. Jugés prioritaires en matière d’investissement, ils sont également perçus comme abordables par une majorité de Français. L’étude souligne toutefois une attente forte : améliorer l’offre sans augmenter significativement les coûts pour les citoyens.

Rapport d’étonnement : des pratiques et perceptions en mutation

L’analyse révèle une reconfiguration profonde des pratiques et aspirations en matière de mobilité. On observe notamment :

  • Des comportements d’expérimentation, avec un recours accru aux transports en commun même chez les retraités du péri-urbain, indiquant que le « réflexe-voiture » s’estompe.

  • Un faible attachement émotionnel à la voiture, y compris dans les zones où la dépendance à l’automobile reste forte. La disponibilité de solutions alternatives suffit à déclencher une appétence pour les transports publics.

  • Une convergence de points de vue inattendue entre différentes catégories de population, à rebours des clichés médiatiques sur les oppositions entre centres urbains et périphéries ou entre générations. Les aspirations sont proches, notamment pour limiter le recours à la voiture individuelle, et se traduisent par des mécanismes d’empathie forts dans la construction des opinions sur les transformations urbaines.

  • Une faible préoccupation pour les enjeux écologiques, surprenante au regard du thème de l’étude, suggérant que ces considérations restent secondaires dans la perception immédiate des mobilités.

Vers moins de voitures et plus de multimodalité

La place de la voiture évolue dans l’opinion : 56 % des Français considèrent qu’elle doit être réduite dans les villes de demain, une tendance particulièrement marquée chez les jeunes et dans les grandes agglomérations. L’idéal exprimé reste celui de la multimodalité, permettant d’alterner entre transports en commun, marche, vélo et voiture selon les situations.

graphique intitulé « la multi mobilité comme idéal de mobilité », issu d’un sondage ifop réalisé auprès de 4000 personnes. le sous-titre précise « idéal de mobilité dans votre commune/agglomération ». le visuel classe six réponses principales, représentées par des barres horizontales vertes numérotées de 1 à 6. en première position, 31 % des personnes interrogées souhaitent pouvoir alterner transports en commun, marche, vélo et voiture selon la distance, le temps ou l’humeur. en deuxième position, 19 % aimeraient pouvoir tout faire à pied parce que tout serait proche. en troisième position, 18 % souhaitent pouvoir tout faire en voiture facilement, sans embouteillages, avec un stationnement simple et un carburant pas trop cher. en quatrième position, 15 % souhaiteraient pouvoir tout faire en transports en commun, quelle que soit l’heure ou la destination. en cinquième position, 10 % indiquent que leur idéal serait d’avoir le moins de déplacements possible. en sixième position, 7 % voudraient pouvoir tout faire à vélo. des indications à droite du graphique montrent que la préférence pour la multi mobilité en première position est plus fréquente chez les personnes de 35 ans et plus, chez les plus de 65 ans et dans les catégories sociales aisées. l’ensemble met en avant une aspiration à combiner plusieurs modes de transport plutôt qu’à se reposer sur un mode unique.

Cohabitation urbaine : des tensions à résoudre

L’étude met également en évidence une hausse des tensions entre modes de déplacement. On constate une augmentation des conflits en ville, notamment entre cyclistes, automobilistes et piétons. Les solutions privilégiées reposent sur une meilleure organisation de l’espace urbain et une clarification des règles de circulation.

graphique intitulé « la guerre de tous contre tous ? » présentant les conflits de circulation jugés les plus fréquents en ville, à partir d’un sondage ifop mené auprès de 4000 personnes. le titre secondaire indique « conflits fréquents en ville ». plusieurs situations sont listées avec une barre horizontale colorée et un pourcentage. les résultats sont les suivants : conflits entre cyclistes et automobilistes 44 %, conflits entre trottinettes et piétons 35 %, conflits entre cyclistes et piétons 25 %, conflits entre automobilistes et piétons 25 %, tensions entre livreurs et autres personnes 21 %, conflits entre voyageurs des transports en commun 13 %, conflits entre piétons entre eux 10 %, liés à l’impatience ou aux bousculades. enfin, 17 % des répondants déclarent ne pas remarquer de conflits particuliers. à droite du graphique, des annotations signalent que certains profils, comme les personnes de 50 à 64 ans, les conducteurs réguliers de voiture et les habitants de métropoles, sont légèrement plus nombreux à percevoir ces conflits. ce visuel illustre la diversité des situations de cohabitation parfois tendue entre les différents modes de déplacement en milieu urbain.

Les priorités des Français pour la mobilité du prochain mandat

L’enquête met en évidence des attentes fortes pour le prochain mandat municipal : Les Français souhaitent réduire la place de la voiture dans les villes de demain. Si l’offre de transports publics reste plébiscitée comme levier prioritaire, il n’y a pas de volonté de supporter une augmentation des tarifs. Pour améliorer la cohabitation dans l’espace urbain, les Français mettent en avant des leviers convergents : multiplier les espaces dédiés à certains modes (pistes cyclables, voies piétonnes), clarifier les règles de circulation et piétonniser avec discernement. L’idéal exprimé reste celui de la multimodalité, avec 31 % des répondants souhaitant alterner entre transports en commun, marche, vélo et voiture selon la distance, le temps ou l’humeur. Dans ce cadre, l’offre de transports collectifs apparaît comme l’enjeu central de cette mobilité plurielle et adaptable.

Retrouvez l’intégralité des résultats et les analyses détaillées.

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